ANMONM

Association Nationale des Membres de l'Ordre National du Mérite

Assemblée départementale 9 avril 2016

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Notre assemblée départementale 2016 a été tenue à Dijon, le 9  avril, dans la Salle des Etats de Bourgogne, mise à notre disposition par M. le ministre François Rebsamen, maire de Dijon et président du Grand Dijon et excellemment installée, la tribune placée à main droite en entrant et les chaises en arc de cercle (façon amphithéâtre) offrant au mieux écoute et visibilité tout en dégageant au nord le fameux tableau des Gloires de Bourgogne d’Henry Lévy (1896).

Environ 80 Compagnons étaient présents, accueillis, M. Rebsamen ayant été retenu à Paris, par le Dr Elizabeth Revel, adjointe déléguée aux Anciens Combattants et à la Mémoire. Le Président Japiot ouvrit la séance statutaire en dédiant la matinée au souvenir de notre Compagnon Alain Millot, décédé en juillet (voir ci-dessous) ; puis il égrena les activités 2015 avec le diaporama « Ephémérides » préparé par la secrétaire, Martine Chauney-Bouillot.

William Forestier, vice-président chargé de la commission d’Entraide, souligna la générosité des donateurs, compagnons et entreprises, qui nous permettent de distribuer des colis (plus de 100) aux membres âgés de 85 ans et plus.

Stéphane Kotovtchikhine, vice-président responsable de la Commission du Civisme et de l’Education citoyenne, signala les conventions avec le Groupement de Gendarmerie départementale de la Côte-d’Or, les Services d’incendie et de secours de la Côte-d‘Or, la Direction départementale de la Sécurité publique et l’Association des maires de la Côte-d’Or pour le Prix du civisme,  et avec les Services départementaux de l’Education nationale pour le Prix de l’Education citoyenne ; puis il fit le bilan de ce concours qui en 2015 invitait  les lycéens à réfléchir  aux deux sujets suivants : « Toutes les opinions sont-elles compatibles avec la raison ? » (lauréate, une élève du lycée Jean-Marc Boivin, Chevigny-Saint-Sauveur) ; et « Que pensez-vous de l’intégration des personnes en situation de handicap dans notre société ? » (lauréats, six élèves du lycée Antoine Antoine de Chenôve et cinq du  lycée Montchapet de Dijon).

La trésorière Bernadette Macler excusée, il revenait à Marie-Geneviève Del Toso, trésorière adjointe, de présenter les comptes 2015 : résultats positifs, recettes en légère augmentation et dépenses en légère diminution.

Les rapports d’activité puis financier ont été approuvés à l’unanimité, quitus donné aux trésorières.

Il restait à procéder au renouvellement du tiers sortant du Comité : Marie-Geneviève Del Toso, Geneviève Keiflin, Gérard Mollet, membres sortants, furent réélus ; Roselyne Canet et Patrice Raymond, nouveaux candidats, élus.

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Les personnalités arrivées, environ 150 personnes réunies,  la seconde partie commença par l’allocution du président Japiot : hommage d’abord, illustré d’un diaporama,  à Alain Millot, « dont tous ceux qui l'ont côtoyé ont pu apprécier la délicate humanité et la disponibilité, […] attentif aux autres, accessible, […]  un homme engagé mais pas sectaire […] une vie politique […] bien remplie, sans ostentation mais avec efficacité », comme l’a prouvé et dont témoigne l’attribution du nom Ordre national du Mérite à l’esplanade Porte Saint-Pierre.

Le Président Japiot poursuivit : « Nous sommes des exemples grâce à la diversité de nos origines et de nos parcours dans la vie. Nous constituons ainsi un des plus grands viviers de la République pour promouvoir ce qui en fait l'unité par sa devise. Engageons-nous sans tarder alors que nos compatriotes semblent déboussolés. […] La construction européenne a permis pendant 50 ans d'assurer la prospérité de notre continent. Cela n'a pas suffi puisque maintenant notre Union se transforme en miroir aux alouettes pour les peuples du pourtour méditerranéen et en vertige pour nos propres populations. En renforçant les coopérations dans les domaines de la défense et de la sécurité, les dirigeants européens peuvent redonner un sens à ce qui nous unit pour protéger nos valeurs, nos civilisations, nos cultures et nos économies. […]  Nous autres Compagnons pouvons être parmi les initiateurs de ce renouveau si nécessaire. Par notre vocation, nous pouvons aider les Français à mieux comprendre la notion de civisme, valeur républicaine par excellence qui, en les détournant du repli sur soi, leur permettra de s'approprier le dévouement pour la collectivité et leur ouvrira la porte sur la citoyenneté. Ici, en Côte-d'Or, nous avons développé ce thème parmi les sujets soumis cette année aux lycéens qui concourent pour le prix de l'éducation citoyenne. […] Nous ne devons jamais désespérer de notre jeunesse car en définitive, nous savons qu'elle est toujours capable de donner le meilleur d'elle-même. Les ressorts de sa générosité et de son enthousiasme sont là, à nous les plus anciens de ne pas hésiter à les activer.  […] La France, deuxième puissance maritime du monde par ses façades sur les océans, est ouverte sur le large. Aujourd’hui, à cause de la pression migratoire, c'est un défi. Demain, ce sera un atout par la richesse des échanges  de toutes natures que cela peut lui apporter. A nous citoyens engagés de le démontrer dès maintenant. Que vive la République, notre République ! »

Le Dr Elizabel Revel commença également son intervention en saluant la mémoire d’Alain Millot qui « avait choisi la démocratie et les valeurs de la République » et qui « a conduit sa vie professionnelle de la même manière que sa vie politique : comme une vocation et un service », assumant ses responsabilités « avec un dévouement et une totale abnégation, et j’ajouterai, avec cette humilité et cette dignité qui lui étaient propres ». Elle remercia ensuite l’ensemble des Compagnons, « ambassadeurs de nos valeurs républicaines », porteurs de la distinction « bleu de France », qui « par leur générosité, leur dévouement, leurs compétences, constituent le cœur et le fondement de la vie associative ». Elle insista sur  l’entraide, la solidarité, et le civisme, relevant l’attention portée aux jeunes et conclut  en appelant à « construire le meilleur avenir qui soit pour notre jeunesse. Et lui proposer un cap : celui du Mérite, au service des autres, au service de la République et de la France. »

A notre invitation, le lieutenant-colonel Pascal Pomé, délégué militaire départemental adjoint, responsable du dispositif Sentinelle pour la Côte-d’Or et membre de notre section, exposa les différentes facettes de son rôle.

M. Rémi Delatte, député de la Côte-d’Or,  devait conclure : après s’être associé aux mots prononcés en mémoire d’Alain Millot, « un homme de bien », il déclara voir dans notre association « l’incarnation de la vison universelle, collective et indivisible : au fond, la vison française du mérite » et souligna que membres de l’ONM et responsables politiques sont « investis de la même mission […] ; transmettre aux jeunes de France le souvenir d’une glorieuse histoire, la mémoire et l’âme de notre pays, la sagesse du don de soi, la beauté de l’engagement et du travail au service de causes qui nous dépassent,, nous passionnent…  »

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Compagnons et invités se rendirent ensuite dans un bus affrété par la Ville de Dijon à l’Esplanade Ordre national du Mérite où la stèle vient juste d’être décorée des insignes de notre ordre comme le Dr Elizabeth Revel put l’annoncer, puis au Monument aux morts où une gerbe fut déposée.

Le déjeuner, « menu bourguignon » fut servi à La Closerie, dans la maison Philippe le Bon réaménagée par notre Compagnon Isabelle Gorecki-Hiltenfinck ; entre  la sélection de fromages de Marie Quatrehomme (MOF) et le parfait glacé au cassis et au pain d’épice,  la Commission d’entraide procéda au tirage des lots de sa tombola. La  journée s’acheva par une visite au Musée de la Vie bourguignonne sous la conduite exquise de notre Compagnon Madeleine Blondel qui développa la muséographie qu’elle a su insérer, toute imprégnée de l’esprit cistercien du site…  

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Yves Japiot, président : allocution d'ouverture de la séance publique 

 

            A l'occasion de notre premier Congrès après la disparition de notre très estimable Compagnon Alain Millot le 27 juillet dernier, nous tenions à rendre un hommage appuyé à celui qui a beaucoup fait pour nous depuis qu'il nous a rejoints.

Alain Millot, je l'ai connu en 1995 lorsque nous avons siégé ensemble au Conseil municipal, moi dans la majorité, lui dans l'opposition. Nos rapports ont toujours été d'une grande courtoisie et marqués par le respect de l'un pour l'autre. Comment aurait-il pu en être autrement avec lui dont tous ceux qui l'ont côtoyé ont pu apprécier la délicate humanité et la disponibilité.

Alain était attentif aux autres, accessible, c'était un homme engagé mais pas sectaire. Sa voix douce résonne encore dans nos oreilles quand il affichait ses convictions sans haine et sans crainte. Cette attitude forçait l'admiration dans tous les rangs au Conseil régional, au Conseil général et  au Conseil municipal de Dijon, bien sûr. Ses accents de vérité vont guider ma mémoire au moment où je veux évoquer quelques moments importants de sa vie.

            Né en 1952 à Dijon, éducateur de la protection judiciaire de la jeunesse, marié, père de trois enfants, il s'engage en politique dès 1979 et entre au conseil municipal de Dijon en 1995 sur la liste de François Rebsamen. Elu 1er adjoint en 2001, il succède à François Rebsamen comme maire de Dijon le 5 avril 2014 et dans la foulée ses collègues du Grand Dijon l'élisent président de leur assemblée. En 2015, il siège au nouveau Conseil départemental. Comme on peut le constater, sa vie politique fut bien remplie, sans ostentation mais avec efficacité. 

C'est tout particulièrement cette dernière qualité qu'il va afficher en faisant voter à l'unanimité par le Conseil municipal l'attribution du nom d'Esplanade de l'ONM à l'espace au pied de la Porte Saint-Pierre, Place Wilson. Il répondait ainsi à notre souhait de voir le nom de notre Ordre associé à un lieu prestigieux proche du cours Général de Gaulle, le fondateur de l'ONM 50 ans auparavant.

L'inauguration de la stèle, aujourd'hui complétée de notre médaille, eut lieu le 22 mai dernier en présence de nos Compagnons et de nombreuses personnalités civiles et militaires qui manifestaient ainsi leur attachement à ce que représente notre institution. Dans son allocution, Alain Millot a tenu à nous rendre témoignage et à nous remercier pour notre engagement dans la vie de la cité ajoutant :

« Entraide, solidarité, civisme sont le fondement de notre association. Les bénévoles que vous êtes, par leur générosité, leur dévouement, leur compétence, constituent le cœur et le fondement de la vie associative. »   Je lui ai répondu : « Par l'acte que nous venons d'accomplir en dévoilant cette stèle, c'est un grand hommage que la Ville de Dijon rend à nos Compagnons de Côte-d'Or et de France. Notre Ordre vit au milieu des Français, pour eux et, même si nos Compagnons ont été distingués, ils n'ont fait là où ils étaient que leur devoir. »

Malheureusement, déjà marqué par la maladie à l'époque et après avoir courageusement assumé ses engagements, Alain nous quittait définitivement deux mois plus tard, le 27 juillet. Il a exercé ses fonctions de maire de Dijon jusqu'à son dernier souffle, fidèle en cela au souvenir que l'on gardera tous de lui, un homme courageux, travailleur et dévoué à la cause publique, une force tranquille. Au cœur d'un été doux et lumineux, on avait l'impression que le soleil tenait à irradier son visage d'homme de paix afin que chacun de nous puisse mieux se l'approprier définitivement.

Une nouvelle fois, adieu et merci Alain, grand bienfaiteur de notre Ordre, tu resteras toujours parmi les plus estimés d'entre nous.

En hommage à sa mémoire, je voudrais que l'on marque une minute de silence.

            Notre Ordre se porte bien et grâce aux deux promotions annuelles, il se régénère régulièrement. En ces temps troublés que connaissent notre nation et l'Europe, il est bien utile de voir arriver de nouveaux Compagnons pour porter témoignage de nos valeurs : honneur, solidarité et tolérance. Nous sommes des exemples grâce à la diversité de nos origines et de nos parcours dans la vie. Nous constituons ainsi un des plus grands viviers de la République pour promouvoir ce qui en fait l'unité par sa devise. Engageons-nous sans tarder alors que nos compatriotes semblent déboussolés. A qui la faute ?

Partout, on dénigre l'Europe. Où donc réside l'espoir ? Dans des pays recroquevillés sur eux-mêmes ? Derrière des grillages et des barbelés ? Face aux pressions venues de l'extérieur mais aussi exercées à l'intérieur par ceux que nous avons accueillis,  on assiste à un véritable sauve-qui-peut qui donne une image pitoyable de nos civilisations tant enviées, il y a peu encore. Imagine-t-on aujourd'hui une Europe durablement sans défense commune ? Evidemment non.

Regardons ce qui se passe au Mali, au Sahel et au Moyen-Orient pour nos armées qui traquent les terroristes quasiment sans appui européen. Seuls, nous ne pouvons pas faire face aux immenses périls qui menacent notre sécurité chez nous. Il est temps que nos partenaires, allemands et britanniques en particulier, s'en rendent compte alors qu'ils prennent enfin conscience de leur propre vulnérabilité. Tandis que se profilent des Brexit, Polexit, Niederlandexit, Belexit qui mineront à terme rapproché l'existence même des pays où se diffusent ces visées nationalistes, encourageons les décideurs à faire preuve de hardiesse et de conviction pour inverser les flux, pas seulement migratoires.

La construction européenne a permis pendant 50 ans d'assurer la prospérité de notre continent. Cela n'a pas suffi puisque maintenant notre Union se transforme en miroir aux alouettes pour les peuples du pourtour méditerranéen et en vertige pour nos propres populations. En renforçant les coopérations dans les domaines de la défense et de la sécurité, les dirigeants européens peuvent redonner un sens à ce qui nous unit pour protéger nos valeurs, nos civilisations, nos cultures et nos économies. A partir de là, nous pourrons faire le ménage chez nous, mobiliser tous ceux, jeunes et moins jeunes qui veulent donner un second souffle à notre « cher et vieux Pays » (de Gaulle) non pour attiser les braises de la haine mais pour lui redonner une flamme ardente, celle qui nous entraînera tous à nous surpasser pour créer l'élan salvateur.

            Nous autres Compagnons pouvons être parmi les initiateurs de ce renouveau si nécessaire. Par notre vocation, nous pouvons aider les Français à mieux comprendre la notion de civisme, valeur républicaine par excellence qui, en les détournant du repli sur soi, leur permettra de s'approprier le dévouement pour la collectivité et leur ouvrira la porte sur la citoyenneté. Ici, en Côte-d'Or, nous avons développé ce thème parmi les sujets soumis cette année aux lycéens qui concourent pour le prix de l'éducation citoyenne.

Pour la France, les motifs d'espérer sont nombreux. Après les attentats de novembre dernier, la Marseillaise chantée sur tous les continents, les trois couleurs de la République illuminant le Capitole à Washington, les stades américains et européens, les grandes places en Chine, en Afrique et au Moyen-Orient, les emblèmes de notre Pays partagés par tant d'hommes et de femmes à travers le monde, sont autant de signes de l'attachement de tous les peuples au rayonnement de nos valeurs humanistes dans une démocratie assumée. Et que dire de cet immense élan de nos jeunes pour s'engager volontairement dans nos forces armées ou chez les sapeurs-pompiers et donner leur sang ? Oui, cela nous fait chaud au cœur. Nous ne devons jamais désespérer de notre jeunesse car en définitive, nous savons qu'elle est toujours capable de donner le meilleur d'elle-même. Les ressorts de sa générosité et de son enthousiasme sont là, à nous les plus anciens de ne pas hésiter à les activer.

La France, deuxième puissance maritime du monde par ses façades sur les océans, est ouverte sur le large. Aujourd’hui, à cause de la pression migratoire, c'est un défi. Demain, ce sera un atout par la richesse des échanges  de toutes natures que cela peut lui apporter. A nous citoyens engagés de le démontrer dès maintenant.

            Que vive la République, notre République !

Intervention d'Elizabeth Revel, adjointe au maire, déléguée aux Anciens combattants et à la Mémoire

 M. le Président,

Mesdames, Messieurs.

C'est avec un grand plaisir, et non sans une certaine émotion, que je vous accueille aujourd'hui, dans cette salle des Etats, pour cet hommage à votre compagnon, Alain Millot, qui avait inauguré, en tant que maire de Dijon, le 22 mai 2015, la stèle de l'Ordre national du Mérite, au pied de la porte Saint Pierre, à l'entrée du Cours Général de Gaulle. De l'avis de tous, cela fut un grand moment de bonheur partagé.

François Rebsamen, qui vous prie de bien vouloir excuser son absence pour des raisons indépendantes de sa volonté, avait eu la joie et l'amitié de lui remettre personnellement les insignes de chevalier dans l'Ordre National du Mérite, au salon bleu, le 7 janvier 2012. Car Alain Millot avait su faire preuve, comme l'avait écrit le ministre de l'Intérieur de l'époque, M. Brice Hortefeux, "d'un grand dévouement lors de la tragédie qui a touché le foyer Adoma, la nuit du 13 novembre 2010. La mobilisation des services de secours aux victimes n'aurait pu - je le cite - être aussi efficace sans sa réactivité".

 Je crois pouvoir dire que tous ceux qui ont eu le bonheur de connaître Alain Millot avaient déjà eu  à coeur, le jeudi 30 juillet dernier, de lui rendre un hommage de reconnaissance et de gratitude dans cette maison qu'il a si bien et si fidèlement servie. Sa disparition, le 27 juillet, a laissé un grand vide. Il avait choisi la démocratie et les valeurs de la République. Et il a conduit sa vie professionnelle de la même manière que sa vie politique. Comme une vocation et un service. Animé d'un idéal élevé, il leur a donné, non seulement ses compétences et sa force de travail, mais aussi sa loyauté sans faille et son sens inné des rapports humains. Ceux qui l'ont côtoyé savent que son amitié, une fois offerte, était définitive. Toujours disponible et à l'écoute de ses collègues et des dijonnais, il était un homme de fortes convictions, un homme droit et intègre, ce que j'appellerais "une conscience", avec cette empathie au monde, à la souffrance des autres, et sans ostentation. Elu exemplaire, il était apprécié de tous. Sa générosité, sa chaleur humaine et son engagement lui permettaient de rapprocher les hommes au-delà des clivages. Inlassable serviteur de notre ville, il assuma tout au long de ses différents mandats ses responsabilités avec un dévouement et une totale abnégation, et j'ajouterai, avec cette humilité et cette dignité qui lui étaient propres. Alain MILLOT a beaucoup fait, a beaucoup donné, et aura lutté jusqu'au bout de ses forces. Dans le Grand livre de l'histoire de notre ville, il gardera, pour toujours, une place particulière et toute notre affection émue.

Mesdames et Messieurs, je suis fière aujourd'hui de rendre hommage à toutes celles et ceux qui ont été honorés pour leurs actions et leurs mérites, à vous qui êtes les ambassadeurs de nos valeurs républicaines, et qui portez cette distinction en "bleu de France". Je voudrais redire, lors de cette clôture, à votre président, M. Yves JAPIOT - mais il le sait -  qu'il peut compter sur le soutien de la ville dans les actions qu'il mène pour affirmer le prestige de l'Ordre National du Mérite et la solidarité entre ses membres. De son engagement dans la vie de notre cité, je tenais, aujourd'hui, à lui rendre témoignage et à le remercier, comme je remercie, aujourd'hui, sa secrétaire et fidèle porte-drapeau, Martine Chauney-Bouillot qui partage avec lui, au cours de toutes les cérémonies, l'idéal de faire vivre l'une des distinctions les plus emblématiques de France.

L'Ordre National du Mérite est une distinction. Mais une distinction n'est pas une hiérarchie et n'est pas une séparation. Elle constitue une véritable égalité de tous les citoyens  dans l'accès à l'honneur, à la reconnaissance de la Nation et à la récompense des services rendus. Tous nos concitoyens, quelle que soit leur place dans la société, doivent pouvoir penser, qu'à un moment, elle peut les distinguer et les récompenser pour leurs mérites. Car cet Ordre National est ouvert - et c'est une caractéristique de nos Ordres nationaux - à toutes les catégories socio-professionnelles, en dehors de tout préjugé de catégorie ou de caste, de toute ségrégation religieuse ou raciale, et de toute distinction entre mérites civils et militaires. Cette grande originalité de l'Ordre, expressément voulue par le Général de Gaulle, est sans doute la raison de son succès, de sa permanence et de sa résonance universelle.

 "Entraide, solidarité, civisme" constituent les 3 fondements de votre association. Les membres que vous êtes, par leur générosité, leur dévouement, leurs compétences, constituent le coeur et le fondement de la vie associative. Merci donc à chacune et à chacun d'entre vous. Là se situe aussi votre mission, car si l'oeuvre est difficile et les hommes de bonne volonté, il est nécessaire de bien en conjuguer les effets par votre action de femmes et d'hommes dont la valeur est d'avoir plus de devoirs que les autres. En effet, le Mérite n'est pas que récompense ou aboutissement. Il est aussi synonyme de devoirs et d'engagements. Et nous le savons, ce sont toujours dans les périodes difficiles que se révèlent les femmes et les hommes de caractère. L'Ordre National du Mérite est entré dans la tradition française en devenant le " ruban bleu". Mais en bleu de France... Ce ruban bleu, qui reste un symbole fort de notre pays, est avant tout un trait d'union entre les générations. Il témoigne de la permanence des vertus civiques et de leur reconnaissance par la Nation. En effet, dans votre action pour promouvoir les valeurs d'entraide et de solidarité, votre association accorde la priorité aux jeunes qui seront appelés un jour à prendre la relève : il est donc essentiel de leur donner la notion du devoir, du service, de l'honneur et du dépassement de soi - bref du mérite - pour servir les autres. Oui, vous êtes porteurs d'un héritage républicain irremplaçable qui nous a été légué par nos Anciens. Nous avons l'obligation de le transmettre, à notre tour, aux jeunes générations. Pour qu'elles puissent, partout et toujours, défendre ces valeurs qui sont notre héritage commun - et je dirais, notre reconnaissance -, au travers de cette conscience citoyenne qui doit, aujourd'hui encore plus qu'hier, avoir un sens, et avoir du sens. Ensemble, partageons la même ambition : construire le meilleur avenir qui soit pour notre jeunesse. Et lui proposer "un cap" : celui du Mérite, au service des autres, au service de la République et de la France. Je vous remercie. 

Allocution de Rémi Delatte, député de la Côte-d'Or

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs,

Merci, Monsieur le Président, cher Yves, de m’associer aux travaux de votre assemblée générale. Je mesure en voyant chacune et chacun d’entre vous, l’honneur que vous me faites. Aussitôt je m’associe à l’hommage que vous rendez à Alain Millot.

Il était un collègue hors du commun. Il est vrai que, d'Éducateur de la Protection Judiciaire de la Jeunesse à Maire de Dijon et Président de la Communauté Urbaine, il n'a cessé d'incarner le mérite qui lui avait d'ailleurs valu d'être admis dans votre ordre. Sa discrétion, sa modestie, son sens de l’écoute, sa force de travail, toutes consacrées au service inlassable de l'intérêt général, perdurent aujourd'hui dans le souvenir d'un homme de bien. Finalement, de belles qualités que je retrouve dans votre action depuis la fondation, en 1972, de ce qui s'appelait alors : la Société d'Entraide des Membres de l'ONM.

Une association qui n'est pas le simple regroupement de titulaires d'une distinction qui salue et honore de brillantes et respectables carrières. Votre association est déjà l'incarnation de la vision universelle, collective et indivisible ; au fond, la vision française  du mérite. Un mérite qui se retrouve dans notre société, dans ses forces vives, ces forces économiques, associatives, sociales ou encore politiques ; ces forces qui témoignent de talent, de générosité et d'exemplarité reconnus, de celles et ceux qui incarnent la France diverse, engagée et fraternelle, la France qui nous rassemble aujourd'hui.

Cet engagement suprême que vous portez, que vous symbolisez est appelé aujourd'hui encore plus que jamais, à perdurer, à se trouver sanctuarisé.

Vous le savez, l'Ordre National du Mérite, ce n'est pas seulement une récompense ; c'est surtout un appel, un encouragement, à poursuivre votre dévouement au service du pays et du bien collectif ; c’est une   invitation   à toujours se dépasser. La raison en est évidente : le mérite ne serait rien si son fondement n’était pas transmis !

Je pense tout particulièrement aux jeunes générations qui font leur entrée dans un monde en proie au doute, aux inquiétudes, à la perte de repères et de valeurs morales.Mais je pense plus spécialement à une jeunesse qui sait s'engager et se mobiliser pour de belles causes

Je sais, cher Yves, que tu y es particulièrement sensible, et c'est ce qui amène votre association à œuvrer, en partenariat avec l'Éducation Nationale et l'ensemble des acteurs locaux, dans des projets portés dans les collèges et les lycées. C’est une exigence de faire confiance à une jeunesse qui ne casse pas tout, qui ne manifeste pas contre tout, qui ne bloque pas tout et qui, dans l’indignation, choisit la voie de l'action plutôt que de la résignation, la voie de la construction plutôt que de la contestation. C'est vers cette jeunesse que nous nous tournons ; membres de l'Ordre National du Mérite et responsables politiques.

Nous voici investis de la même mission et engagés vers la même ambition. Transmettre aux jeunes de France : le Souvenir d'une glorieuse histoire, la mémoire et l'âme de notre pays, la sagesse du don de soi, la beauté de l'engagement et du travail au service de causes qui nous dépassent, qui nous passionnent, et qui  nous font dire ce matin : que vive l'Ordre National du Mérite, que vive la France !

 

Président(e) de la section

M. Yves JAPIOT